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En lecture libre : Le tour du racisme en 80 textes, Le journal d'un fou, Dans la tête d'une dépression, J.O. Homme Animaux, Chéri/e Tu pousses. Lire aussi ces bests : Araldus, Je t'aime Dieu non plus, Bob l'Amerloc...

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Les polars et thrillers

BOB L'AMERLOC, LIRE CET EXTRAIT

couverture du livre BOB L'AMERLOC, LIRE CET EXTRAIT


'Les rocambolesques aventures de Bob l'Amerloc AndCo dans le pays de François Hollande'

Pour une bonne compréhension de ce passage :
« Mao le retraité déconneur ne fait que vanner JiCé le retraité qui parfois perd patience alors qu'ils sont sur le point de se rendre dans une ville de Savoie 'pour affaires pas très catholiques'. Agacé des vannes de Mao, JiCé décide alors de passer par un col de montagne plutôt que l'autoroute, sachant que son passager a une peur bleue du vide...

« Du coup, plutôt que de se rendre à destination par la nationale voire l’autoroute, Jean-Claude coupe au plus court, sans un mot, par les reliefs… La route finit par monter et rétrécir. Mao, déjà le teint jaune, voit sa couleur de visage se jaune-foncer, tant il commence à se faire de la bile. Grandji, lui, est serein, s’enfonçant bien arrière dans son fauteuil de voiture, les deux bras bien droits avec les deux mains manipulant le volant, de gestes souples et quelque peu appuyés dans les courbes. Et plus on monte et plus les courbes se font courbes et plus la route se fait étroite. Au bout d’un moment, il y a moins de végétation à droite, le long de la portière de Mao, et à la place il y a du vide qui se fait jour. Mao balise et le fait savoir :
– Ahhh. Non. Jean-Claude arrête, tu sais bien que ça me fout les jetons.
Sans réponse de JiCé. Mao cramponne le volant.
– T’es dingue ou quoi ? Tu veux nous faire tuer ?
JiCé poursuit sa conduite. Mao déboite et vire son appuie-tête de siège, entreprend de passer derrière, heurtant l’occiput du chauffeur d’un coup de pied de mégarde, se retrouve sur la banquette, et se cale très à gauche pour s’éloigner de la vue du vide. Perte de la maîtrise sur ses paroles :
– Gros connard. T’arrête maintenant, balance-t-il en attrapant les deux oreilles de JiCé par-derrière et en lui secouant la tête.
Pas le temps d’exprimer sa douleur pour JiCé, que Mao relâche d’un coup ses deux feuilles de chou, à la survenue de l’explosion :
– Paaan !
Zigzag sur la route. Plutôt du côté gauche, heureusement. Grandji garde la maîtrise du volant et immobilise le véhicule. Mao gicle dehors, des traces dans le slip. JiCé descend et constate :
– On a explosé un pneu. Reste à le changer.
Mao est adossé sur la paroi du rocher, à gauche de la route de montagne.
– Bon alors, tu viens ? lance Grandji en sortant la galette du coffre.
– Celle-là, c’est toi qui va te la manger. Ha ha ha…
– Nan. Impossible, je peux pas.
– Obligé mon garçon. Car avec ma prothèse de hanche, je peux pas m’accroupir.
– Je peux pas, je te dis.
– Prends sur toi, je vais t’aider.
– Comment ?
– Je dépose la galette et le cric le long de la roue avant droite. Tu viens et tu changes.
– Mais putain, il y a du vide on est haut.
– Je confirme, on est à mille deux cents.
– C’est tout ce que tu trouves à dire pour me rassurer ?
– Bon alors, tu viens ou pas ? Avant que des voitures arrivent, on est en plein milieu.
– Je peux pas avancer face au vide.
– Ah tu pousses l’étron un peu trop loin Mao… Tourne-toi face contre le rocher.
– Pour quoi faire ?
– Tourne-toi je te dis.
– Voilà.
– Bon très bien. Maintenant recule un petit peu, pas à pas…
– Nan.
– Siii… Deux trois pas… Encore… Un peu plus à droite… Là, redresse… Voui très bien. Attention de pas te râper ta connerie contre l’arrière de ma voiture. Non je déconne… Encore un pas en arrière. Un pas en avant. On fait un tour avec sa cavalière. Nan je redéconne… Deux trois pas à gauche et tu y es… Là, accroupis-toi. Et si t’as envie de chier, tu baisses ton froc et t’y vas. Nan non non, ne te retourne pas, je pousse. Je vois que toi aussi d’ailleurs… La voilà. Prends le cric… Installe-le… Très bien… Non, ne le soulève pas tout de suite… Défais les boulons de la roue. Très bien… Là maintenant actionne le cric… « Prouuut. » Là c’est pas le cric que je viens d’entendre, Mao… Allez, on reste concentré… centré. On zappe con, t’es au top. Nan, reste calme. Ne balise pas, tout va bien… Là oui, tu prends la galette… Tu l’envoies se faire mettre sur les tiges… Et tu continues… Super Mao. T’es un grand garçon… Après on changera ta couche… Allez merci. Je range tout, tu remontes en voiture et on continue…
Mao, liquéfié, remonte à l’arrière et s’assied ; prostré. Une heure plus tard le véhicule de Grandji se gare à destination, non loin de l’église.»

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