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En lecture libre : Le tour du racisme en 80 textes, Le journal d'un fou, Dans la tête d'une dépression, J.O. Homme Animaux, Chéri/e Tu pousses. Lire aussi ces bests : Araldus, Je t'aime Dieu non plus, Bob l'Amerloc...

La collection 'Essai/e pour voir'

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Les polars et thrillers

CHÉRI-E TU POUSSES !

JeF Pissard

couverture du livre CHÉRI-E TU POUSSES !



CHÉRI/E TU POUSSES !
Petit roman conversationnel, de très GRANDE mauvaise foi
En lecture libre | texte intégral
JeF Pissard
Éditions Jerkbook

ISBN 979-10-94391-14-3








000 | Chéri/e TU POUSSES !

C’est beau l’amour ! Mais bordel, qu’est-ce que c’est compliqué !
Ça avait commencé comme ça... À la sauce Aragon :

« Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre | Que serais-je sans toi qu'un cœur au bois dormant | Que cette heure arrêtée au cadran de la montre | Que serais-je sans toi que ce balbutiement... »
« J'ai tout appris de toi pour ce qui me concerne | Qu'il fait jour à midi qu'un ciel peut être bleu | Que le bonheur n'est pas un quinquet de taverne | Tu m'as pris par la main dans cet enfer moderne | Où l'homme ne sait plus ce que c'est qu'être deux | Tu m'as pris par la main comme un amant heureux... »
« Qui parle de bonheur a souvent les yeux tristes | N'est-ce pas un sanglot de la déconvenue | Une corde brisée aux doigts du guitariste | Et pourtant je vous dis que le bonheur existe | Ailleurs que dans le rêve ailleurs que dans les nues... »

Oui ! Ç'avait commencé comme ça. Pour se continuer comme ci. Un peu plus loin. Dans cette autre forme de bonheur. Genre 'Je t’aime moi non plus'.
Dialogue monologue, avec retour en creux.
C’est moi qui parle.

001 | Le lit

« ... Mais pourquoi tu me secoues comme ça de si bonne heure ?
Pour m'annoncer mon score ?...
Combien ?
Seize heures de sommeil d'affilée ???
Ben, merde, c'est pas possible ! C'est que je suis crevé en ce moment.
Je sais, chérie, à force de dire que je suis crevé, ça finira bien par m'arriver. Mais ce n'est qu'une expression, un tic de langage.
Hein ? Ne parle pas si fort... Que je me lève et que je passe à la salle-de bains ?
Pourquoi pas.
À ce propos, tu sais ce qui m'amuse chez toi ? C'est quand tu entres dans la salle de bains, après ton bol de café, et que tu annonces : C'est moi !
Je m'en serais douté !
Mais ce n'est sans doute aussi qu'une expression, un tic de langage ! Alors, épouille ta langue avant de chercher des tics dans la mienne. Maintenant, je laisserai plus rien passer...

002 | La SDB

Puisqu'on est ensemble dans la salle de bains, combien de fois je me fais avoir quand, laissant glisser ta chemise, dévoilant ta nudité, tes seins, tes fesses, ta petite forêt, tu t'approches de moi, le regard qui louche, les mains ouvertes comme pour prendre mon visage et m’embrasser ! C'est ce que j'attends à chaque fois et à chaque fois je me dis que c'est chouette, qu'on va s'amuser...
Mais non, c'est pas ça. C'est la mauvaise surprise, c'est l'attaque et la souffrance, quand tu perces mes boutons de tes ongles et que tu émascules mes points noirs. Je retiens mes cris et refoule des larmes...
À l'avenir, je t'interdis de me molester. Il y a des lois contre ça, je ne suis pas disposé à me laisser faire la peau.
Occupe-toi de ton corps !
Seulement arrange-toi pour le faire sans l'aide du miroir ni du pèse-personne. Je ne veux plus de ces machins dans la salle de bains, ils ne sont que sources d'histoires et de conflits.
Admets-le, tu n'es pas une femme, tu es un régime. Tu lècherais pas un timbre, de peur de becqueter des calories.
Quant à moi, je perds à tous les coups. Quand tu prends mon avis pour savoir si je te trouve grosse et que je dis non, tu m'agresses en prétextant que je mens. Et quand je te dis que tu as peut-être un peu forci, tu me rentres dedans sous prétexte que j'exagère.
La vérité, c'est que peut-être, ces derniers temps, tu as les seins qui…
… Pourquoi à ces mots, tu roules des yeux, tu gesticules et tu vocifères qu'aussi bas que se relâcheront tes seins ils seront toujours plus hauts que mes couilles !?!...
C'est d'un goût !...
... qui ont pris du volume et de la fermeté, j’allais dire !
Ah ! tu peux t'excuser, c'est dit.
Je te fais remarquer que de ton côté tu balances sur mes poignées d'amour, pratiques et ergonomiques pour s'accrocher pendant le boogie woogie avant de dormir le soir.
Ok, d'accord, ma cocotte ! Accroche-toi.
Tant qu'on y est, aurais-tu ton portable à portée de mains et si oui est-il doté d'un grand angle ? Parce que si tu veux me photographier, nu, de profil, sans grand angle, ce sera pas possible. Ah, ah !...
Ne fais pas cette tête, je rigole.
Si je fais de l'exercice pour consolider mes muscles porteurs ?!?...
Affirmatif, je fais aussi des abdominaux !
C'est ça, oui, pour transformer mes 'Flamby' en tablettes de chocolat... !!!
Tu ne perds rien pour attendre...
Au fait, toi, penseras-tu à faire tes exercices d'ânesse, ce matin ? Tu sais, pour lutter contre le double menton. Rappelle-toi. En distendant ta bouche latéralement, tu fais « Hi Han ! » « Hi Han ! », ce qui fait travailler les muscles faciaux, en même temps que du revers de main tu frappes fort le dessous du menton, en rythme, pour raffermir la fibre. Ce que j'en dis, c'est pour que tu sois belle...
Et ensuite, n'oublie pas de finir ta douche par un jet d'eau froide sur les seins pour les raffermir... Qu'ils se transforment pas en testicules !!! Pour te prouver à quel point je m'inquiète de toi, si tu veux, je vais à la cuisine et je te rapporte un bol de glaçons, il paraît que c'est efficace. Plus c'est froid et mieux c'est.
Je vais sans doute rien t'apprendre, mais il paraît que chez vous les femmes, la peau mammaire est différente de celle du reste du corps. Si ! je t'assure.
Fais ce test : pince la peau de ton extérieur de bras : elle est épaisse. C'est une peau dorsale. Pince maintenant celle de ton intérieur de bras : elle est fine et tendre. C'est une peau ventrale. Or, tes seins sont tenus par une peau ventrale.
Pas de chance, je te l'accorde !
Mais il paraît que cette peau peut se transformer en peau dorsale, à force de soins. Du coup, laisse-moi te masser le tour des seins régulièrement. Tu vois, je suis prévenant envers toi, finalement. Car comme dit un copain : « À quoi ça sert d'être méchant avec les femmes, la nature s'en charge avec le temps. » C'est un copain con ? Oui, admettons, mais je l'aime bien... J'en ai un autre qui dit : « Le Créateur fit les animaux : beaux ! Il fit la nature : belle ! Il créa l'homme : beau ! Et il créa la femme... Et elle se maquillera !!! » Non, ce copain n'est pas plus con que l'autre. Pourquoi ?

Tu dis que tu me laisses la place pour la douche... Parce que je ne suis pas net ?!?...
Oh, tu sais, moi les douches ! Tu sais pourquoi. Il y en a beaucoup comme moi qui ne prennent que deux douches par semaine, sauf l'été où le corps sue plus. Je t'ai déjà dit que ça vient de mon enfance. Je suis de la campagne où la douche n'était pas courante. Ni l'eau non plus d'ailleurs. Nous faisions notre grande toilette une fois par semaine, le week-end dans l'évier. Depuis que la douche a percé et que j'ai monté des marches de l'échelle sociale, je prends deux douches par semaine. Les autres jours, je me lave la figure, les oreilles, les dessous de bras, la quéquette roupettes, les fesses et les pieds au gant de toilette.
Tu me fais remarquer que t'es moderne, et que tu t'es mise à une douche par jour dès que tu as pu.
Oui. Et quelle douche !?!
Une triple douche, en temps et en eau, qui nous explose la facture.
Et pourtant, une femme devrait consommer moins qu'un homme, vu qu'elle a moins de surface à laver. Fais un effort. Je sais pas, moi. Prends exemple sur les cosmonautes.
S'ils s'envoient en l'air moins de quinze jours, soit le temps d'un voyage en navette, ils font leur toilette avec des lingettes humides. Fais ça quinze jours par mois, le reste du temps, fais comme d'habitude, mais en limitant ta consommation. C'est ce que font les astronautes qui partent longtemps dans l'espace. Ils se lavent avec une douche adaptée, dans la limite de leur réserve d'eau attribuée journellement, soit cinq litres, dont quatre proviennent d'un système de recyclage poussé.

Remarque, ce qui me plaît quand tu prends ta douche, c'est quand le téléphone sonne et que tu cours le décrocher, à poil.
T'as tes seins qui ballottent dans tous les sens, et ça me fait de l'effet.
Et toi, dis-moi ? Est-ce que ça t'excite quand c'est pareil, et que tu vois mon sexe me flageller les genoux ?
Mais non, je t'assure. Je suis pas obsédé !

Je te fais rire avec mon trou du cul ?!?...
Parlons-en. Ça t'énerve de me voir crémer mon petit anus de crème adoucissante, voire anti-hémorroïdale ? C'est pas par plaisir, ni par habitude. Figure-toi que j'ai la muqueuse délicate. Il y a pas que moi, les dermatologues te le diront. Vaut donc mieux le graisser pour qu'il dessèche pas, ni ne se fendille. Tu me railles. Et toi tu dérailles. Car je te ferai observer que si moi je me graisse ma petite rondelle, allez !, à tout casser de 2 cm2 maxi, toi, c'est ton corps entier que tu tartines, soit 2 m2 mini. Prends ta calculette et vois ce que tu dépenses par rapport à moi... C'est tout ce que j'ai à dire.

Tant que j'y suis, il faut que je te parle de tes cheveux. Quand tu fais ta couleur.
Je m'arrange pour guetter discrètement. C'est distrayant.
D'abord, tu déballes et tu prépares les matériels de ton produit teintant. Ensuite, tu te revêts de tes accessoires comme un praticien pour opérer. Tu passes un vieux tee-shirt pour te protéger des jets de produit toxique. Tu mets tes ex-lunettes pourries, pour te protéger les yeux. Tu mets des gants de chirurgien qui ridouillent, car tu prends ce que tu trouves. Enfin tu te fais des mèches dans tous les sens, à la Jeanne Mas en pire, que tu peinturlures avec ton pinceau spécial. Ça pue l'ammoniaque. Et ça dure, ça dure... Quelle allure !
Une fois le chantier terminé, tu me demandes comment je trouve ta coiffure ? Et à chaque fois tu bloques quand je trouve belle ta perruque et que je te demande où tu l'as achetée. Réfrène ta haine !

Mes poils qui volent ?
Que veux-tu que j'y fasse si j'ai du poil partout et qu'ils volent quand je les taille ? Il faut bien le faire : Les sourcils, la moustache, le poitrail, les aisselles, le pubis et même la raie des fesses ; c'est plus facile pour passer la pommade ; tu te souviens de la pommade ? Tu me dis que je fais qu'épousseter la tablette et balayer à mes pieds... Mais qu'il en a tant volé, qu'il y en a forcément partout autour. Si je passe l'aspirateur, tu laisses à penser que c'est mieux sans paraître convaincue. Que faut-il que je comprenne ? Alors, je te fais une proposition... Quand je me taille, je t'appelle, tu prends l'aspirateur et tu places l'embout près de l'endroit de coupe pour qu'il aspire tout. Je te demanderai deux choses : la première, de prendre ton mal en patience, la seconde, de tenir l'embout suffisamment à distance quand je me taillerai les poils du pubis !
Mais non, je ne suis pas obsédé.

Et puis je perds le moral quand je me retrouve assis à l’extérieur sur ma chaise, à attendre que tu sortes de la salle de bains d'où tu m'as expulsé. J'attends d'y entrer à nouveau pour m'arracher les poils du nez et des oreilles. Mais qu'y fais-tu, toi ?

Tu te désherbes les jambes, les cuisses et le maillot ?
Surtout prends soin de tes jambes, qu'il n'y pousse pas de la barbe. C'est à ça que s'exposent les 40 à 60 % de femmes qui ont choisi le rasoir, le jugeant rapide et économique. C'est aussi ce que j'ai fait, moi, pour mes trois poils sous le nez quand j'avais treize ans. Et vois le résultat... Quelle chiotte ! Ou plutôt quel balai à chiotte !
Par contre, qu'est-ce que j'aimerais être là quand tu plies et ouvres les jambes à angle droit pour faciliter le passage de l'ustensile, et quand tu termines à la pince à épiler pour les lisières de la fente. Autant j'imagine avec plaisir l'objet du désir s'entrouvrant sous tes gestes, autant il me déplairait d'apercevoir les rougeurs que l'extraction des bulbes laisse sur ta peau d'enfant à cet endroit : ces micro-blessures. C'est pas sexy.
Oui, je sais à quoi tu penses, tu me l'as déjà dit.
Comment ? Ça ne doit pas être évident de s'épiler les couilles ?!?...
Euh oui, je le confirme.

Et puisque tu es une femme active, je sais que tu profites de ce temps de salle de bains pour lancer d'autres travaux...
Tu te fais de la peinture des ongles de pied, après t'être palmé les arpions avec des bouts de ouate coincés entre les orteils. Et je sais que tu fais d'autres trucs. Inquiétants. La preuve. Quand je te vois sortir rapido de la salle de chantiers pour aller aux toilettes, et que je te découvre avec ce masque de guerrier africain, tout croûteux et vert, sur la figure... je sursaute et je me dis : Est-ce que je vais pouvoir rebander ? Quel choc ! Comme c'est courant maintenant après un trauma, y a-t-il un numéro vert pour obtenir d'urgence une assistance psychologique ?

Mea-culpa ensuite de mes errances. Je le confesse, il m'arrive de pisser dans le lavabo. Et Dieu sait si je pressens combien c'est risqué.
J'ai le souvenir de ce qu'a vécu ce pauvre homme, il y a quelques années. Un soir de cuite après une dispute, l'épouse est tombée sur son mari en train de pisser dans le lavabo de la salle de bains. Pour le punir, elle lui planta un couteau de cuisine dans la fesse droite. Attendu que la lame lui sectionna l'artère fémorale, qu'il en mourut, l'épouse fut condamnée à cinq ans de prison, dont quatre avec sursis par la cour d'assises des Yvelines.
Le pauvre pisseur, lui, est toujours mort.
Mais moi, je suis malin : Il n'y a que des couteaux à bouts ronds dans la cuisine.

003 | L'habillage

Hé ! Hé ! pas facile pour toi d'attacher ton soutien-gorge depuis que tu prends de l'âge.
Mais je plaisante.
Sinon, j'ai un conseil pour t'éviter les luxations d'épaules quand tu t'écartèles les bras en arrière pour t'agrafer le soutif. Tu te le mets à l'envers, tu l'attaches devant, tu ramènes les bonnets côté balcon, t'enfiles les bretelles et tu te coiffes les nichons. Médicalement conseillé. De qui je tiens ça ?!?...
Ben ! De personne, certainement. Je suis simplement doué de sens pratique.
Tant qu'on est sur le sujet, il y a un truc que j'aimerais savoir. C'est vrai que je plaisante souvent là-dessus avec les copains, mais je sais pas exactement. Comment ça marche les tailles de soutien-gorge ?
… Ah, c'est donc ça ? Je suis heureux de l'apprendre...
Graduation des tailles de 5 en 5, à partir de 75 jusqu'à 120 cm. Et classification en lettres A, B et C de la profondeur des bonnets selon le volume de la glande mammaire.
Toi tu fais du combien ?
Compliments !

Par contre, tes collants c'est moche.
On dirait un préservatif pour membres inférieurs. C'est-à-dire qui préserve, qui tient à distance, qui enferme, qui empêche de vivre et de respirer. C'est une housse de voiture qui masque la beauté du siège. Ou son délabrement. Le collant s'étire jusqu'au flanc, et c'est aussi inélégant qu'un pantalon d'homme dont la taille arriverait sous le torse. C'est caché sous la jupe et le chemisier, d'accord. Mais rien que de l'imaginer ça tue le fantasme...
... Parce que l'homme s'imagine toujours assis dans un sofa près d'une femme, la main sur ses jambes, à lui caresser les genoux, l'intérieur des cuisses, plus loin, objectif slip et dribblage, pour arriver au chas, le caresser, et lui faire l'intérieur... Voilà ce que l'homme fantasmagorise. Et avec le collant il choit, il échoue dans une toile d'araignée dont les fils sont, à taille égale, je le précise, deux fois plus solides que des fils d'acier.
C'est dire...
Au fait ! Sais-tu ce qui sent en même temps des pieds et du sexe ?
Le collant.
Allez ! Je peux décompresser, non ?

Il y a autre chose que j'aimerais savoir. Ça se lave tous les combien un collant ? Est-ce qu'on lave les deux faces ? Et comment on le fait sécher complètement, vu que la matière est imperméable ?

Tu préfères me parler de mes chaussettes ?!
Si tu penses que je porte toujours les mêmes, c'est parce que j'en mets de la même couleur. Et quand tu me retournes que t'en vois pas au fond de la panière à linge, c'est que, soit tu sais pas chercher, soit il y en pas parce que je les lave. Je le faisais déjà à l'armée.
Tu dis que depuis mon retour, il y a une conne qui le fait pour moi ?!?...
Comme c'est mesquin. Si on changeait de sujet...

J'aime beaucoup le port des bas en porte-jarretelles. Libérons le haut des cuisses et donnons de l'air à l'étoffe blanche, au saint suaire qui parfois s'imprime des traits du jésus ruisselant. Tu devrais porter plus souvent des porte-jarretelles, pour ta santé. Le sexe respire. C'est seyant. C'est excitant. Ce n'est qu'une fente. Mais qu'est-ce que ça la met en valeur ! C'est que mon avis. T'en dis quoi ?
Que je m'occupe de mes fesses ?!?...
D'accord. Puisque t'y tiens.

Surtout m'achète plus mes slips. Tu dois les choisir comme s'ils étaient pour toi. Je sais pas où les fabricants ont la tête, mais ils les font de moins en moins logeables. En ce qui me concerne, c'est pour trois pièces, pas pour deux, ni pour une. Et toi, t'as tendance à me prendre de la 'studette'. Alors, arrête car je supporte plus d'avoir les bourses compressées. Ou alors prends des slips préformés, avec l'emplacement pour les bourses, car se faire toute la journée avec les testicules bloqués dans les cavités c'est le calvaire. D'autant qu'avec l'âge, la peau se distend et que la meilleure place confort des noix est au fond des sacs.
Remarque que, pour adapter mes slips, j'ai trouvé un truc. Je les fais tremper dans de l'eau chaude. Je les suspends à l'étendoir avec des pinces à linge. Et je les plombe avec deux pierres au fond pour leur faire prendre les formes... Efficace mais pas pratique.

Tes fringues ont l'air d'être pratiques, elles. Mais j’arrive pas à comprendre pourquoi il te faut tout ce temps pour t'habiller. Allez ! Je te laisse quatre-vingt-dix minutes pour te préparer et pas une heure de plus...
Quoi ? Moi, je vais vite mais je m’habille comme un clown ?? Sans harmoniser mes vêtements, les matières, les couleurs ???... Figure-toi ma chère, que c'est pas de ma faute. C'est difficile aux hommes d'appréhender les dégradés subtils, d'après les scientifiques. Ils disent que lorsqu'une femme utilise toute une palette de mots et adjectifs pour décrire des couleurs, un homme dira au mieux : « C'est rouge ou bleu ». La cause est physiologique. La rétine de l'œil contient 130 millions de cellules en forme de cônes qui perçoivent les couleurs, et c'est le chromosome X qui produit ces cônes.
Alors comme les femmes ont deux chromosomes X, ceci explique cela.
Comment tu me trouves fringué, chérie ?
Comme un clown !?!...
Je me déloque et je remets tout dans le placard.

Qu'est-ce t'as à en dire, encore, du placard ? Qu'il est pas rangé comme tu voudrais ?
Je suis pas surpris. Les scientifiques affirment aussi qu'homme et femme rangent pas pareil. Pour ce qui est de moi, si ! je range...
Leur théorie est que la femme a un angle de 'vision périphérique supérieur'. Ce qui lui permet de faire l'inventaire du contenu d'une armoire, le regard fixe. Mais avec le besoin de se repérer à de nombreux détails. Alors que l'homme doit bouger la tête pour enregistrer ce qui l'entoure. Tout en ayant une meilleure acuité pour voir loin.
Quel rapport avec le placard ?!?...
Les scientifiques y viennent. Ils en tirent des conclusions liées au phénomène du rangement au quotidien.
Dans une armoire, une femme s'inquiète de la place de chaque objet et classe les vêtements par catégories séparées : un compartiment pour les tee-shirts, un pour les pulls, etc. Alors que l'homme, qui a une perception plus globale, classe par ensembles non séparés : la tenue de sport avec les chaussettes et les baskets, dans un coin, les habits pour aller travailler dans un autre, etc...
Je commence à te courir avec mes scientifiques !?!...
Je comprends...

004 | Le ménage

Faire le ménage ?!?...
Mais tu sais bien que je suis pas exercé à ça.
Si les hommes font mal le ménage, d'après les femmes, c'est qu'ils le font trop rarement. Ben oui, en notre époque de nécessaire haute spécialisation pour tout, inutile d'espérer un top niveau, sauf à s'entraîner sur la durée. Les femmes sont habituées à l'exercice depuis l'enfance. Je me souviens de ma sœur qui jouait avec ses poupées, qui passait des heures à installer leur maison, à décider de l'emplacement des meubles, et qui les époussetait avec un pinceau de sa boîte de peinture. De fillette à femme, il y a peu, et lorsqu'elle se colle au ménage et ses ustensiles on sent que cet intérieur, qui est aussi le nôtre, n'appartient qu'à elle. Elle en est la maîtresse, et je déteste ça. J'aimerais bien participer au ménage, chérie. Mais je m'y risque pas, tellement tu me jettes mon infériorité à la figure. Bon, c'est vrai que j'ai une autre raison pour te laisser toute à tes occupations. Il est reconnu que faire un grand ménage est un bon moyen d'évacuer ses sentiments négatifs !

Allez, je t'aide ! Je ramasse tes Kleenex roulés en boule un peu partout : dans la salle de bains, sur ta table de chevet, par terre de ton côté de lit. C'est fou comme les femmes mouchent et chialent. Quatre fois plus que l'homme, à ce qu'il paraît. C'est l'encyclopédie médicale qui le dit. C'est dû au plus grand taux de prolactine chez la femme. Pas une raison pour abandonner les mouchoirs en ouate de cellulose usagés. Faut du temps pour que ça se désagrège ces truc-là !

Oui et ça ? Tu me demandes en pêchant un de mes slips près du lit, avec un pic à cheveux. Et de me le mettre sous le nez avant de le poser sur une chaise. Pour pas qu'il se désagrège par terre, tu dis !...
Moui.
... Parce que pour le tissu ça prend plus de temps !...
C'est pas faux.
... Et que...
Bon ! Tu vas pas m'en faire des tonnes et des poussières, à la fin...

Justement, pour la poussière, chérie. La différence entre nous, c'est que t'es toujours en train de la traquer dans les endroits les plus reculés. Le monde peut s'écrouler, il faut que tu l'élimines. Alors que moi, je sais qu'elle aura toujours le dernier mot... C'est pour ça je lui laisse une certaine latitude.
Pourquoi je rechigne à passer l'aspirateur ?!?...
Pour une raison ergonomique. L'appareil est mieux adapté à la femme. Parce qu'elle est plus petite que l'homme et qu'aspirer de plus près lui évite les cassements de dos. Tant qu'on y est chérie, je trouve que tu fais une aspiration trop artistique. J'aime bien les pelouses de terrains de foot, mais passer l'aspirateur dans le sens du poil, en traçant des lignes parallèles sur la moquette, exige une grande application pour aligner le retour du balai dans les traces de l'aller, et ainsi de suite... Eh non, c'est pas une réthorique de chiotte. Je pousse à peine.

Au sujet des chiottes, justement. Je suis pas loin de penser comme toi, quand tu attribues leur conception à des architectes mâles. Des phallocrates jouissant de voir la femme faire l'anguille et s'entraîner à la position à genoux, étant donné le si peu de place prévu pour le nettoyage entre la cuvette et le mur.

Quoi ??? Tu balances pour continuer que Jésus était une femme !
Là, je prends mes distances.
Tu prétends pouvoir fournir trois preuves ?!?...
Lesquelles ?
Il a dû en nourrir son monde, sans avoir le temps de se retourner, alors qu'il y avait rien à manger...
Ma foi.
Il essayait de faire passer des messages à des types qui n'y comprenaient rien...
Je me souviens plus.
Même quand il est mort, il a dû se relever parce qu'il avait encore des choses à faire.
Attention au parjure !

Tu ne voudrais pas affirmer par là, chérie, que les hommes n'en fichent pas une à la maison ? Et qui sort donc la poubelle ? C'est bien nous, non !?...

005 | Le téléphone

Allez ! On fait une pause ? Viens te poser sur le canapé, le temps que les invités de ce soir arrivent... On est bien comme ça. Quand tu te tais...

Ah non ! Pas possible. Le téléphone. Il a la sonnerie dans la peau celui-là. C'est pour toi, je le sais, je l'ai reconnu à sa façon de sonner. Tu passes des heures au téléphone. Une fois sur deux, c'est tes copines. Et, là, gagné ! C'est Josiane qui appelle. Elle s'est encore suicidée. Je sais qu’en de telles circonstances, atténuantes, il faut écouter et parler. Prendre son temps. Mais l'expérience montre qu'en d'autres circonstances, pas atténuantes, c'est pareil...
Bla bla bla...
Et quand je pense qu'elle va raccrocher, ou que tu vas raccrocher, ça se fait pas. C'est comme une bagnole qui a des ratés. Qui va s'arrêter par manque de carburant. Et qui redémarre dans un sursaut, on ne sait ni pourquoi ni comment. Le comble de l'optimisme serait de penser qu'une femme va raccrocher parce qu'elle vient de saluer son interlocutrice. Il faut pas le croire. À force, je me fais plus avoir par ces silences. Quand ta correspondante se tait. Quand tu te tais. C'est que l'une ou l'autre va parler. Le seul qui pourrait avoir le dernier mot avec Josiane, une autre copine ou toi, ce serait l'écho. Ce qu'il y a de désespérant dans l'histoire, c'est que rien arrête ce bavardage. Il a lieu même s'il n'y a pas d'interlocuteur au bout.
Que si !...
Combien de fois j'ai dû faire entièrement défiler mon répondeur pour aller au bout de la diarrhée verbale ? Et combien de fois les maris de tes copines ont dû faire comme moi ? Ah ! On peut dire que vous avez l'art d'occuper la bande. Tu peux m'expliquer pourquoi les femmes parlent autant ?
Tu sais pas !?!...
Il faut que je le sache. Pour trouver un antidote.

Je cherche sur le Net. Un psychologue dit que « les femmes parlent pour les mêmes raisons qui poussent les hommes à se taire ». D'accord ! Sur ce, il donne quatre raisons. « La femme parle pour donner ou demander une information ». « Idem pour l'homme ». « Elle parle pour essayer de trouver ce qu'elle voudrait dire, elle réfléchit donc tout haut ». « L'homme se tait pour savoir quoi dire ». « Elle parle pour ne pas perdre le contrôle d'elle-même et se remettre d'une contrariété ». « Dans une même situation, l'homme est frappé de mutisme et c'est dans sa caverne qu'il arrive le mieux à se calmer ». « Elle parle pour créer une intimité. C'est en communiquant ses sentiments et en particulier ses sentiments amoureux qu'elle évalue sa solidité ».  « L'homme se tait pour se retrouver parce qu'il craint que trop d'intimité lui fasse perdre son identité. » Et l'auteur de conclure : « Si on ignore ces notions de base sur nos différences et nos besoins, les relations de couple risquent fort de tourner au vinaigre. » Admettons !
Alors parle ! Parle donc. Mais pas trop.

De toute façon, je sais que t'es pas complètement responsable. Il y a une autre raison. Physiologique celle-là.
Si t'es atteinte de ce travers. Si tu t'étends comme de la marmelade sur tes sentiments. Témoin d'une grande réceptivité sensorielle. C'est que dans ton cerveau les centres du langage et des émotions se superposent. Ben oui ! J'irai pas jusqu'à dire que j'y vois là un manque de soin dans l'élaboration du cerveau féminin. Car je suis pas scientifique. Mais ça explique une difficulté à séparer les sentiments de la raison ! Alors que les hommes, semblant plus rationnellement fabriqués, ont des cases du langage et des émotions bien différenciées, plus imperméables aux effets de la juxtaposition. À ça, on ajoutera le poids de l'éducation des garçons et des filles, bien sûr...
CQFD.

Revoilà le téléphone qui sonne...
Cette fois, c'est elle ! Si un coup sur deux, c'est une copine. L'autre, c'est elle obligatoirement. Désolé, mais il y a pas de nom officiel pour la nommer. On m'en a jamais appris. Ni à moi, ni aux autres d'ailleurs. Quand je suis né, on m'a fait dire « Maman, Papa ». On m'a fait dire « Tata, Tonton ». On m'a fait dire « Grand-mère, Grand-père ». Et depuis, aux enfants on fait dire « Mamie, Papy ». Quand je me suis enchaîné on m'a fait dire « Chérie »… Mais pour elle, ma belle-mère, rien a jamais été prévu. Alors quand je m'adresse à elle, je l'appelle pas, je la nomme pas, je louvoie. Si ! Un jour, je me suis risqué à l'appeler « Mémère ». Mais ça l'a glacée ! J'ai plus recommencé. D'ailleurs elle est plus forte que moi. Car contrairement à une mère ou à une épouse, une belle-mère est hors la dépendance de son obligé. Aucun chantage sentimental ou sexuel possible. Aucune dépendance économique ou sociale. Rien pour la mettre au pas, la mettre en esclavage. Je suis foutu, elle le sait et en abuse. Qu'on me pardonne mais toutes les belles-mères sont des chiennes. Y compris leur mère et leur grand-mère ! Me trouver en sa compagnie me stresse. Et le téléphone me stresse. Même quand elle téléphone pas. C'est psychologique. De savoir qu'il peut sonner à tout moment, 24h/24 me stresse à un point ! Parlez-en aux standardistes qui souffrent de la phobie du téléphone, une fois chez elles : elles comprendront ! J'aime bien ce proverbe anglais : 'Heureux qui épouse une orpheline, car il n'a pas de belle-mère'. Ah ! la chienlit...

Elle appelle à sept heures le matin pour être sûre qu'on se réveillera. Elle appelle le dimanche soir pour savoir comment s'est passé le week-end. Elle trouve tous les prétextes pour attirer sa fille chez elle. Et mieux vaut éviter les sornettes, car elle recoupe les dires et trouve toujours la faille dans les fausses excuses. C'est une envahissante avec des œillères. Et ce qui me fait bien rire, façon de parler !, c'est lorsqu'elle dit qu'elle est pas du genre à nous embêter. Qu'elle nous voit quand on le désire, car elle a trop souffert de sa belle-mère, pour l'imiter... N'empêche que les fêtes organisées par la reine mère sont obligatoires !

Les Bulgares sont des hommes pragmatiques, ils ont trouvé la parade, eux. Dans un village du nord-est du pays, une centaine de gendres vivant chez leur belle-mère se sont regroupés en une association de défense. Leur société dispose d'une commission de réconciliation appelée à intervenir en cas de tension entre gendre et belle-mère, d'un service de plaintes assurant la défense des gendres, en cas de besoin, et d'un service de secours urgent pour intervenir en cas de menace grave contre un gendre. Bravo, les gars !

006 | La télévision

Tiens ! La belle-mère a raccroché... J'espère qu'elle a rien perçu des griefs que je marmonnais !?! Ma chérie, si ! Elle passe vicieusement à l'attaque sur un front secondaire. Celui du canapé, dans lequel je me suis assis patiemment pendant qu'elle pérorait. Devant la télé pour passer le temps. La fourbe me charge. Et, cas de légitime défense, je lui réponds...

D'abord, je te ferai remarquer que, statistiquement sur l'année, je passe moins de temps à regarder mes matchs de foot à la télé avec mes bières, que toi tes séries sentimentales avec tes thés. Quant aux pornos des chaines spécialisées, c'est inexact, je les regarde pas. Mais forcément, je tombe dessus quand je zappe...
Mais non, j'ai pas alors le pouce plus mou que pour 'La Grande Librairie' !
L'attaque est infondée, car tu sais bien que je peux pas lire. Et d'une : parce que ça me fait mal aux yeux. De deux : parce que je supporte pas de lunettes, ça me fait mal au nez. Et de trois : parce que porter des lentilles, ça me fait mal aux nerfs. De plus, si je lis pas de livre c'est que, si l'histoire est bien, je sais qu'elle passera un jour en série à la télé. Par contre toi, tu lis... : l'horoscope ! les journaux gratuits ! les prospectus ! Chérie, tu t'uses les quinquets.

Tralala ! Pour en revenir à la chair, j'observe que tu possèdes un calendrier de l'équipe de France de rugby, posant nue.
On te l'a offert !?!...
D'accord ! Mais tout comme le calendrier de La Poste qui lui moisit dans un tiroir. Alors que l'autre s'expose.

Ah ça, je l'attendais ce reproche ! Je deviens sourd quand je suis occupé à la télé !? Tu me vois obligé de te répondre scientifiquement.
Mon corps calleux de cerveau d'homme, cette zone de jonction-communication entre les deux hémisphères, est moins épais que le corps calleux féminin. Et donc moins performant. Pas le cerveau, on est bien d'accord, hein ? Juste le corps calleux ! Ce qui fait que mon cerveau 'compartimenté' ne peut accomplir qu'une tâche à la fois. Exemple, en réunion : j'écoute. J'utilise surtout mon oreille droite, reliée au 'cerveau gauche', responsable de la reconnaissance des mots. Les deux oreilles entendent, mais les connexions sont moins fortes. Alors je m'applique à écouter ce qui se dit. Pas pareil pour les femmes, chérie. Quand elles se trouvent en réunion, elles donnent de l'oreille tout en donnant pas mal de la langue. Et ça caquette, c'est la basse-cour... C'est juste un exemple. Il y a des lanceurs d'alerte qui disent que... OK elles peuvent faire plusieurs choses à la fois. Mais les font-elles bien ?

007 | Quelques vacheries

Admettons ! Je suis nul en bricolage. Par contre, tu peux pas dire que les notices de montage de meubles en kit sont compréhensibles. Oui, pour réussir, il faut de la théorie et de la pratique. Tu dis que la théorie c'est quand on sait tout mais que rien fonctionne. Que la pratique c'est quand tout fonctionne mais qu'on sait pas pourquoi. Et que moi quand je mets la théorie en pratique, rien fonctionne et on sait pas pourquoi !?!... Tu me désobliges à tenir de tels propos.

Tu vas faire du sport aujourd'hui, ma chérie ? Qu'est-ce que je te sors ? Ton vélo qui va nul part, alias ton vélo d'appartement ? Ou ton appareillage à abdominaux, alias ces électrodes que tu te mets sur le ventre pendant que tu feignantes ?

Comment ? Si j'ai jamais envisagé de faire une analyse ou au moins une thérapie de soutien ?!?...
Il faudra que j'y réfléchisse. Toi aussi, j'aimerais que tu réfléchisses. Car tu me boxes sur tout. Sur ma supposée fainéantise. Mais il y a une tâche que j'effectue pour toi.
Laquelle ?!?...
C'est moi qui conduis tout le temps la voiture.
Tu peux sourire, mais c'est vrai. Ça représente de la fatigue. Pas pour aller au travail, c'est toi qui te conduis. Mais pour tous les autres trajets c'est moi qui te promène. Pour aller au cinéma. Pour aller chez ta mère, les week-ends. Pour partir en vacances. Pour en revenir. Sur une année ça fait une accumulation de kilomètres. Et autant pour toi c'est du repos. Autant pour moi c'est de la fatigue nerveuse. Le corps médical le reconnaît. À force ça use. Depuis le temps qu'on est ensemble, je sais pas si tu te rends compte des heures et des kilomètres où j'ai conduit pour toi. Tu conviendras que c'est une pièce à verser au dossier.

Tu en as une similaire à verser au dossier ?!?...
Laquelle ?
C'est toi qui conduis le Caddie à l'hypermarché. Et ça depuis des lustres ?
Je peux pas le démentir, mais entre nous soit dit, je vois pas pourquoi tu choisis toujours un chariot qui couine comme une volaille. Oui c'est vrai que j'ai rien trouvé de mieux à te rétorquer. Et puis, si ! En voilà une...

Des deux c'est moi qui roule le plus pour nous, car c'est moi qui remplis le plus le compte en banque.
Comment je fais pour être aussi con ?!?...
Mais je me donne du mal.

Tu le penses vraiment que j'ai une tête de con ?
Ah oui d'accord ?! Ça dépend de l'éclairage...

Tu demandes pourquoi je me suis marié ?!?...
C'est à cause du service militaire. C'est le passage obligé. Il faut faire l'armée. Après il faut trouver du travail. Ensuite il faut se marier. C'est dans l'ordre des choses. CQFD : Ce Qu’il Fallait Démystifier...

Où tu m'entraînes comme ça en me tirant par la manche ? Dans la cuisine pour finir de préparer la venue de nos invités ?...
OK ! Mais je t'en propose une petite dernière pour te faire marrer. Tu sais pourquoi les femmes n'ont plus de règles à la ménopause ?... Pour en garder pour les varices ! Je sais. Parfois il m'arrive de pas me reconnaître.

008 | La cuisine

Même en cuisine, tu trouves à me dénigrer. Tu me reproches de savoir rien faire. C'est faux. C'est quand même moi qui ouvre les huîtres. Et c'est dangereux ! Il y a un nombre d'accidents considérables chaque année. Dont certains très graves. Or moi je prends régulièrement ce risque pour nous. De plus, je voudrais pas surenchérir, mais c'est aussi moi qui ouvre les bocaux et les pots : bocaux d'asperges, de haricots, etc. S'il fallait attendre après toi, on mangerait jamais un cornichon. Eh oui, chérie !... Et que si, je fais des mets... Comme quoi, par exemple ?!?...
Des œufs sur le plat. Tu peux rire, te moquer, me railler, c'est pas permis à tout le monde de réussir cette spécialité. C'est une pratique. J'irai même jusqu'à dire qu'il faut du talent. Tu veux savoir ?!... Alors, d'accord...
Pour deux personnes. Tu prends deux œufs. Du beurre. Jamais d'huile. Surtout pas d'huile. Juste une noix de beurre. Que tu déposes dans la poêle. Sur le feu. À petit régime. Quelques secondes. Il faut que le feu soit doux. Pour que le beurre brûle pas. Mais qu'il fonde lentement et qu'il grésille. Faut à peine laisser fondre le beurre. Tu retires la poêle du feu. Tu casses tes œufs. Un. Deux. Tu sales, tu poivres. Immédiatement. Pas après. Enfin tu recouvres la poêle d'un couvercle. Et tu remets à cuire. À feu faible. Tu laisses deux minutes seulement. Tu retires la poêle. Et tu sers le mets. Les jaunes se retrouvent recouverts d'un voile translucide. Et les œufs ont à la fois une bonne odeur et un bon goût de beurre frais.
C'est Aristote Onassis qui se faisait faire ses œufs comme ça. Alors ! T’en dis quoi ?...

Par contre, toi ! Bien obligé de constater que tu cuisines moins.
Je me souviens d'un temps où tu nappais des petits fours pour l'apéro. Maintenant, c'est des trucs tout faits. Que tu fourres dans le micro-four pour les décongeler.
Je me souviens aussi d'un temps où tu cuisinais les trois plats majeurs du repas quand on recevait du monde : l'entrée, le plat de résistance et le dessert. Maintenant c'est le traiteur qui se charge du plat principal. Et parfois plus. Si non affinité de ta part. Tu perds en motivation, chérie.

Je comprends ton état de lassitude, parfois. Mais il faudrait te voir faire. Tu es brouillonne. Tu gagnerais en productivité et en économie d'énergie si tu t'organisais. À vouloir faire plusieurs choses à la fois, tu les fais souvent mal. Fais-les les unes après les autres. Tu verras, ça le fera mieux. Car... À vouloir surveiller la cuisson du rosbif ! À vouloir faire le tri de la salade ! Son lavage ! Son égouttage ! À vouloir préparer le fromage ! À vouloir couper le pain ! À vouloir faire la salade de fruits ! À vouloir déboucher le vin ! Etc... Eh bien, ce qui doit arriver arrive, chérie. Le rosbif prend un coup de feu...

Et puis ferme ta porte de cuisine quand tu fais griller le rosbif, s'il te plaît. Parce que la maison se remplit de fumée. Et ça pue...

Autre préconisation. D'ordre pratique et esthétique celle-là. Évite de te mettre mes lunettes de piscine quand tu épluches les oignons. Ça dérègle mes courroies de maintien. Et ça te fait une tête de grenouille.
Suis les conseils culinaires pour pas chialer avec les oignons. Laisse-les tremper avant dans de l'eau vinaigrée. Conserve-les avant dans le frigo. Épluche-les sous l'eau... Tu vois. C'est moi qui sait ce qu'il faut faire. Ta chère mère t'a donc rien appris ? Ni tes copines ?

009 | Copains copines

Ah ! Tes copines. Quand c'est elles qui viennent à l'apéro, c'est toujours l'euphorie. Par contre, quand c'est mes copains... !?
Je t'ai épiée l'autre soir. Tu essayais de réprimer des bâillements. Tu aspirais de l'air par le côté de la bouche. Et tu le soufflais tout doux par devant, entre tes dents. T'avais des larmes. Et ça te donnait un air de lapin.

Et puis, j'aime pas quand tes copines viennent polluer le salon. Avec leurs parfums et leurs fumées ! Vous êtes dangereuses, j'ai fait remarquer, l'autre soir. C'est pas nous qui le sommes, m'a rétorqué une des clopeuses retors, sous le sourire des autres. C'est le cancer ! Très drôle.
Presque une répartie de mec ? Tu as dis ?...
Moui... C'est alors que j'ai balancé... Ça vous ennuie si je lâche un gaz pendant que vous fumez ? C'est pas cancérigène.
Tu m'as engueulé. Pourquoi ce retour agressif pour un simple coup de bombe ?

C'était pourtant délicat ! D'habitude, c'est vrai que les hommes sont pas toujours délicats. Ils sont directs au moins. Jamais tu verras de femmes se battre sainement à coups de poings, ni même s'envoyer une bordée d'injures. Chez elles, c'est le triomphe des coups bas. Des petites phrases pourries qui font tellement plus mal.
Quoi ? Tu dis que je viens d’en balancer une. De ces petites phrases vaginales !...
Serais-je en train de me transformer en femme ?

Non ! Je pourrais pas être une femme. Même avec de la chirurgie. Mais j'y pense. Est-il possible qu'un homme puisse changer tout de même ?!? Oui ! En pire ???

010 | Vin et champagne

OK ! Je te laisse avec tes copines. Puisque que c'est ça. Je mets la table. Car si c'est toi qui le fais. Ça laisse à désirer... Tu portes les verres en mettant les doigts dedans. Tu tiens les fourchettes par les dents. Les cuillères par les louches. Et les couteaux par les lames. Ça fait tache.

Faudra peut-être que tu t'y mettes. C'est toujours moi qui m'occupe des vins. Non seulement tu connais pas les vins. Mais tu t'en désintéresses. Et à défaut de le tirer, tu pousses le bouchon. Notamment quand tu dis que les hommes sont des mystificateurs grands spécialistes de la branlette en pseudo-connaissance en vin. Alors qu'ils n'en ont qu'une petite. Et que tout ça est de la frime ?

Tut tut tut ! Profère pas de fausses vérités, chérie. Moi, par exemple. Je peux te dire que cette gym bucco-linguales effectuée quand je déguste est loin d'être du flan. C'est en 'mâchant' le vin, pour imprégner les dents, les gencives, les joues, puis l'arrière-gorge, là où le goût et l'odorat se rejoignent, que les sensations gustatives parviennent à regagner le nez par 'rétro-olfaction'... Et c'est comme ça que peut se percevoir le véritable caractère d'un vin.
J'arrête-là. Au risque de te paraître professoral...
Ben non !?!... Je viens pas de lire ça sur Internet.

Autre manque. Tu débouches jamais le champagne !
Tu prétends que c'est l'affaire des hommes. Avec leur cinéma qui laisse à penser que la pression est grande à l'intérieur mais qu'ils maîtrisent la situation. D'après toi, on les croirait en train de se compresser l'urètre du gland pour empêcher une éjaculation. Comme le préconisent les sexologues d'ailleurs. Et ils triturent, triturent... Jusqu'à ce que le bouchon leur lâche dans les doigts sans une goutte. Tu dis que cette suffisance te fait bien rire. D'autant que t'en voit certains tirer franco sur le bouchon qui saute sans jaillissement. Tu prêtes d'ailleurs à ces hommes une certaine force cérébrale.
Oui ! C'est comme ça que je pratique.


Au fait, j'espère que Josette ne restera pas dîner. Et si par malheur c'est le cas, évite de lui prodiguer le même genre de conseil que la dernière fois. Tu te souviens pas ?!?...
Moi, si.
Comme elle se plaignait d'avoir pris cent grammes à la fin du repas. Tu lui as dit d'aller vomir dans les toilettes. Elle l'a fait. Avec la discrétion qui la caractérise. J'en ai eu des haut-le-cœur.

011 | Les toilettes

Tu seras d'accord avec moi, chérie. Il est impossible qu'un peuple qui sacralise tant la bonne chair puisse occulter ce lieu où 'les merveilles de la cuisine tombent en ruine'... Alors ! Je t'en parle. Sans critique. Mais en te faisant une demande. Je sais qu'il peut être apaisant d'entendre le bruit ruisselant du ruisseau qui s'écoule dans le lac. Je sais aussi qu'il est plus facile à l'homme de diriger le jet. Mais, toi. S'il te plaît. Fais quelque chose... Décale-toi. C'est une suggestion. Ou encore. Plie en deux une feuille de papier toilette. Et dépose-là à la surface du petit lac.
Tu dis ?!?...
Que j'en fasse autant, avec un gros paquet de feuilles pour... !

Oh... !!! Retiens-toi. Restons-en aux écoulements. Tu me pries de viser pour pas pisser à côté. Je tiens à te signaler que les fabricants de cuvettes y sont pour beaucoup. Ils se sont complètement laissés dépasser par les mutations anatomiques. Fais pas ces yeux de poisson rouge. Je m'explique.
Les toilettes dont on se sert datent des débuts du siècle dernier. Avec les mêmes dimensions. Le hic c'est qu'en cent ans, la taille humaine a augmenté de dix centimètres. La morphologie a changé. Et c'est les jambes qui ont le plus grandi. Le sexe, rien. Déception j'en conviens. Du coup, on est obligé de pisser de plus haut. Tiens, regarde pour moi, qui fais un mètre quatre-vingts. J'ai mesuré. Quand je pisse j'ai le méat à quarante-cinq centimètres du rebord de la cuvette. C'est haut. Essaie pour voir avec un tuyau mou. Et on en reparle...

Ça me fait penser que je t'ai observée quand tu ranges le tuyau dans le garage. Après arrosage. Tu le secoues. Et pourtant le sol se ramasse des fuites. C'est un aléa. Sans solution. On a beau secouer. Il reste toujours des gouttes. Moi pour le slip. Toi pour le garage. Pourtant je fais des efforts. Quand j'ai terminé et que j'ai secoué. Je pousse le talent jusqu'à me presser l'urètre, passant en souterrain sous les bourses, en remontant en face interne du pénis jusqu'au méat. Comme ça je récupère des gouttes. Mais plein de fois sur dix, il en vient encore.

Résoudre le problème du pipi en le faisant assis ?!?...
Moui ! Mais ça m'est pas génétique. Et toi quand t'arroses. Je vois bien que ça te plaît de jouer avec le tuyau. Un coup à droite. Un coup à gauche. Plein jet. Jet large... Pour moi c'est pareil. Et de plus c'est inconscient.

Pour la chasse d'eau. Je t'accorde qu'il m'arrive de pas la tirer après une miction. Mais il y a une raison. C'est par solidarité envers les pays d'Afrique. Car neuf litres d'eau gaspillée pour un petit pipi. C'est beaucoup. Tu peux me croire. Ou pas.

Idem ! Pour ce qui va suivre. Tu peux me croire. Ou pas. Mais il faut se résoudre à le dire. C'est un scoop. Si les hommes sont longs aux toilettes. C'est pas parce que ça coince. C'est pas parce qu'ils lisent. Même s'ils prennent pour alibi d'embarquer de la pseudo-lecture. S’ils sont longs. C'est parce que. La plupart du temps. Ils. S'adonnent. À des manipulations !!! Voui. Les hommes ont besoin de se vider les couilles. Si dans les gogues, on vidange mécaniquement. Je te rassure. Dans la chambre avec toi. C'est des suites de mon fol amour. Que jaillit le champagne.

012 | L'amour

J'aimerais te le servir plus souvent. Je te trouve guère intéressée par le sexe. J'en arrive à me demander si t'as pas un poil dans le slip. Tu dis que t'as mal à la tête. T'en fais pas. J'ai anticipé. J'ai une boîte d'Aspirine à croquer dans la table de nuit. Tu veux sucer une plaquette ?

Autre aléa qui t'empêche. Tes règles. Tu les as deux ou trois fois dans le mois. C'est inquiétant. Ce serait pas un fibrome ? Faudrait voir ton gynéco. D'autant que la dernière fois. Tu me disais avoir des petits boutons dans le vagin. Pour sûr que j'allais pas m'introduire ! Dis donc je te plains. Ça doit gratter... Et ça peut vite dégénérer. Faut jamais hésiter à voir le docteur. Quand il faut. Regarde, moi. Je viens de le voir. Et avant toute chose. Traitement. Médocs. Etc. Il m'a préconisé de jamais cesser d'accomplir les gestes simples d'une certaine hygiène de vie. Pour endiguer ma nervosité.
Comme quoi, par exemple ?!?...
Comme je dors mal, il m'a conseillé de faire l'amour au coucher pour me détendre. C'est lui qui l'a dit. Il paraît que faire l'amour libère des endorphines qui aident au sommeil. Alors, pendant tes temps d'irritations et de règles. Je me propose de mettre une capote.

Remarque ! Il y a des fois où c'est toi qui veux coïter. Mais sans vraiment l'exprimer. C'est bien un trait féminin. Cette façon de pas nommer les choses touchant au sexe. Ce qu'est pas mon cas. Quand je te demande « Tu veux-tu baiser ? » C'est pas romantique. Mais c’est compréhensible. Quand tu me demandes de te faire un câlin. Si je cherche 'câliner' dans le dico. C'est 'Traiter avec douceur, tendresse'. Ce que je fais. Et tu t'excites ! Aux sens propre et figuré. Faudrait savoir...
Je reprends le dico et je rejette un œil...
En dernière définition du mot câlin, il y a : 'familier : acte sexuel'. Ce que j'en retiens. C'est l’adjectif qualificatif : 'familier'. Qui démontre que faire un câlin est presque aussi vulgaire que baiser. Alors, surveille ton langage s'il te plaît ! Quant à moi. Je vais me procurer un décodeur pour avoir accès en clair à cette 'menteuse' de femme. 'Menteuse' en argot. Langue...

Ça, y est ! Enfin ça commence. Tu me fais une fellation Et ça me ferait du bien. Si je sentais pas tes dents. L'idéal serait qu'elles soient rétractiles. Ou que tu ouvres plus grand la bouche. Et que t'étires ta langue sur tes dents...
Mais qu'est-ce que tu fiches maintenant ? Je te sens avec mon sexe dans la main à rien faire. J'ose pas me mettre sur les coudes. Pour pour voir. En fait je devine. Je l'ai entendue parler de ça avec ses copines. Il paraît que les femmes aiment bien regarder un sexe mâle de près. Juger de sa taille. Tester son élasticité. Scruter ses grosses veines. S'amuser de son dégonflement. S'il n'est pas manipulé. Et de son redressement en deux trois coups du poignet... Je crois que c'est ce qu'elle fait.

D'un coup ! Elle le prend en bouche. Et s'active comme une folle. J'ai comme l'impression qu'elle se brosse les dents avec ma bite. À force. Je sens que la pression monte. Va falloir me retirer. Car je sais qu'elle ne prise pas la prise de sperme. Parce qu'il y a des calories. Et que ça la fait grossir...

On quitte nos positions. Pour en prendre d'autres...
Je me retrouve sur elle. À l'embrasser. Et à lui peloter un sein. Comme je lui fais remarquer qu'elle a le sein gauche un peu plus gros que le sein droit. Elle s'inquiète. Je la rassure en lui disant que j'ai lu que c’est le cas chez la majorité des femmes. Que ça provient du fait que les hommes, en majorité droitiers, leur caressent principalement ce sein, de leur main droite. Quand ils sont allongés sur elles à leur faire l'amour.
Et, là où elle me fiche le moral à zéro. C'est quand elle me retourne. Sans rire. Qu'elle va prendre un gaucher pour rétablir l'équilibre...

J'en débande un peu. Pour pas qu'elle prenne ça pour une panne sexuelle. Je fais comme bien des hommes en pareille circonstance. Je me mets à penser à une sexy woman pour remonter. Miss France par exemple. Le dur se faisant mollement. Je focalise sur Geneviève de Fontenay. Et ça repart...

Après une longue série d'allers et retours. Je ressens comme un truc du côté de ma queue qui me perturbe. Je mets du temps à réaliser. Mais à force je réalise. C'est son stérilet. Je sens le fil sur le côté. Il me gêne et me déconcentre. Je lui fais remarquer. Et lui demande de voir son gynéco au plus tôt. Pour le faire ajuster. Et faire raccourcir le fil. Peur soudaine ! Que se passerait-il si je m’empalais le méat sur son arme de fond de vagin ? Houlà !!!... Inutile de cesser pour autant. Essayons autre chose. J'ai une idée. Et la lui suggère. Chérie, je voudrais pas t'acculer. Mais j'en ai presque envie...

Elle rugit... Je réagis péteusement. Tu sais. Il peut tout advenir la nuit. C’est serré certes. Mais ça me fera pas mal. Si j’y vais lentement. Je me distendrai pas le frein... Je m'immisce donc un peu... Et à la fin, je lui demande :
Alors, heureuse ?
Elle me rétorque. Des éclairs dans les yeux. Que ça fait mal ces conneries... Et me demande. Si je veux un certificat. Pour montrer aux copains ?
Je pense qu'elle fait du mauvais esprit.
Comme dit l'autre. Si les hommes ont tendance à se prendre pour des dieux. Nombre de femmes sont athées ! Sur ce. Je me lève pisser. Elle, se laver. Puis elle se rend au salon. Et y demeure une heure à regarder la télé...

013 | La nuit

Elle revient se coucher. Et c'est toujours pareil... Je suis pas une bouillotte ! Tes mains et tes pieds glacés, tu les gardes pour toi ! C’est néfaste à ma santé que tu me les colles sur le ventre, sur les couilles, les tibias et les pieds... Une si grande différence de température peut me nuire et me causer des lésions. Sauf pour les testicules. Sur lesquels tu peux rester. En bougeant les doigts s'il te plaît. Parce que la température couillaire étant inférieure de 1,5 au reste du corps, il y a moins de risque de lésion.

La chaleur revenant. Tu te fais un demi-tour dans le lit. Tu prends un livre et tu lis. Me laissant avec mon braquemart. Alors je me tourne aussi. Et j'essaie de dormir en appui sur ma béquille.

Je me demande comment t'arrives à lire ? Comment tu peux bien y voir à travers tes verres de lunettes essuyés avec des tranches de jambon ? Et puis. Je voudrais pas dire. Tu fais du bruit quand tu tournes les pages. Parfois tu ris. Tu glousses. Tu soupires... Et quand t'as terminé la lecture. Tu te lèves faire pipi. En me découvrant la moitié du dos. Et remets au lit en te jetant. Ce qui me fait décoller du matelas. Enfin tu me redécouvres la moitié du dos en te retournant.

Quand engourdi de sommeil. Je me tourne vers toi pour t'enlacer. Ça m’est impossible. Que tu dormes comme ça en chien de fusil, les genoux sous le menton. Autant j'aime m'endormir avec ta tête contre moi. Autant je déteste le faire avec tes genoux au creux de mon épaule.

Depuis tout à l'heure. Je perçois comme un certain emplissage de ma vessie. Je me lève la vidanger. Et je reviens dans le lit près de toi. Tu maugrées...

Je sais. Il y a toujours une goutte qui me coule du méat. Quand je me mets au lit après une miction. On en a déjà parlé. Et je sais. Que t'aimes pas que je m'essuie aux draps. Pourtant je le fais discrètement. Mais c'est là que je peux le faire. Ou à mon tee-shirt de nuit. Ou à ta nuisette. J'ai guère de choix, tu vois ! En tout cas il faut que je le fasse. Car tu soupçonnes pas comme c'est désagréable quand. Couché à plat dos. Tu sens cette goutte qui te glisse sur l'intérieur de la cuisse...

Allez, bisou, mon amour. Sans rancune s'il te plaît. Demain il faut que je me lève tôt. Car j'ai des choses à faire... Je m'endors... Et je dors... Je dors... Je dois ronfler un peu. À en juger par les coups de coude dans les côtes. Et les coups de pied dans les tibias. Que je perçois du fond de mon sommeil. En fait je ronfle pas. Je le sais. Je respire fort. Parfois c'est que ça. Je dors... Je dors...

... Mais pourquoi tu me secoues comme ça de si bonne heure ?
Pour m'annoncer mon score ?...
Combien ?
Seize heures de sommeil d'affilée ???
Ben, merde, c'est pas possible ! C'est que je suis crevé en ce moment...

014 | Épilogue

Après toutes ces années passées avec ma chérie. Nos amours. Nos désamours. Nos engueulades... Il serait peut-être temps de divorcer !?!
Eh ben NON ! Je l’aime aussi quand elle m’emmerde, ma chérie !
Et réciproquement. À ce qu’il me semble ! □

015 | Je voudrais vous dire...

Fin de. Ce petit roman conversationnel de très GRANDE mauvaise foi. Si j'osais. Je vous demanderais bien de publier un commentaire d'impression sur le site de téléchargement, où vous avez eu la malchance de vous faire tomber dessus par ce livre, et où dans un moment d'inattention votre doigt a ripé sur la touche 'Téléchargez' ! Je crains qu'en vous demandant de publier un commentaire. Je joue contre moi. C'est sûr que les filles vont m'assassiner ! Et peut-être que les garçons vont le faire aussi. Parce qu'ils seront sous la menace des filles. Après tout. Faites comme vous voulez... Je vous fais la bise. Et je vous en serre cinq.

0.01 €

s/liseuses (estimation) : 50 pages

Janvier 2018

ISBN : 979-10-94391-14-3

L'AUTEUR /E

Photo de l'auteur


Jean-François Pissard, alias Dominique Léonie, est un écrivain français né en 1954 à Poitiers.
Il exerce professions dans la banque, le social, le journalisme, l’édition.
Il commence à publier des livres en tant qu’auteur professionnel en 1987.
C’est pour la publication de son premier ouvrage alors qu’il est en poste dans une banque qu’il prend le pseudonyme de Dominique Léonie (Dominique son second prénom, et Léonie en hommage à Léon et Léonie ses grands-parents).
Il écrit de nombreuses années sous ce pseudonyme avant de poursuivre sous son patronyme. Pas de ligne directrice pour ses sujets traités, il se laisse entraîner par ceux qui l’intéressent et son sens de la curiosité le fait s’intéresser à bien des sujets. Il écrit tout d’abord depuis sa région de Poitou-Charentes, depuis Paris où il fut établi, sur les rives du lac Léman France Suisse, et actuellement depuis le Midi Pyrénées où il réside, à Pau.
Il est membre de la SGDL.
Voir sa production sur Wikipedia.

CE QU'ON DIT DE CE LIVRE



« TELLEMENT VRAI ! » « Facile à lire, amusant. Un petit livre qui nous plonge dans les petits travers quotidiens d'un jeune couple de façon très originale et distrayante. » Geneviève.

« UNE THÉRAPIE DE COUPLE » « Sans chichi, et avec un vocabulaire riche, dans tous les sens, Jean François Pissard nous livre une courte chronique sans concessions de la vie d'un couple comme il en existe des millions. Rien n'est oublié, même les détails les plus intimes, et on prend plaisir à suivre cette joute verbale entre lui et elle! Jouissif. » Robert Dorazi.

« UN SAN ANTONIO DE L'AMOUR » « Une fois n'est pas coutume, aussi je vous conseille à découvrir ou à offrir : "Chérie, tu pousses!" de JF Pissard, 48 pages, si l'élu de votre cœur ou vous même, savez faire preuve d'auto dérision. Car, armé d'une écriture décalée, JF Pissard, un San Antonio de l'amour avec un grand a, vous emmènera sur ses pentes qui peuvent s'avérer plus que glissantes au quotidien. Dénonçant avec humour nos "petits" travers dans la vie de couple, qui font de nous des êtres humains. » Karine Gournay.

« LE ROMANTISME EN SLIP » « Réjouissant petit opuscule qui ressemble à une chronique de la vie de couple. Impossible de ne pas se reconnaître – surtout si on appartient à la tribu des mâles occidentaux. La conversation tend vers le monologue – ce qui accentue la mauvaise foi, car allez savoir si ce n’est pas l’auteur qui s’invente les réparties de sa dame ! Mais JeF Pissard ne cache rien et dévoile tout. Son œil fait dans l’observation crue, il dissèque les détails du banal, à renfort de données statistiques et scientifiques - comme le taux de prolactine ou bien les cellules coniques produites par le chromosome X dans la rétine – mais surtout avec une bonne dose de dérision. Il est question de poils pubiens ou autres, de belles-mères, de chaussettes et de stérilets. On comprend que l’homme ne vient pas de Mars ni la femme de Vénus, mais il leur faut cohabiter dans la salle de bains, à table ou au plumard. Le temps qui passe fait morfler les corps, le désir s’accroche malgré tout. Bref, l’auteur est un malin. L’air de rien et sourire en coin, il nous met face à nos représentations du féminin/masculin, les étirant jusqu’au risible. » David Pascaud. 

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